31 octobre 2007

Solidarité, civisme et air pur à Argenteuil

Samedi, dans une petite ruelle derrière chez moi, je tombe sur un couple que je connais.

Après nous être salués, je comprends qu'ils reviennent de faire des courses. Une partie est destinée à une dame âgée qui habite là. Son mari est décédé récemment. Je ne le dis pas, mais je me souviens de lui, il m'avait donné un coup de main pour réparer une clôture entre nos deux jardins. Des gens très discrets, quelques mots l'été, par-dessus les arbustes, un signe de la tête dans la rue, je ne savais pas qu'il était malade à ce point là.

Je lui demande comment elle va : « Vous savez, j'ai des voisins formidables, quand ils font leurs courses, ils me rapportent ce que je ne trouve pas dans le quartier ou ce qui est lourd. Tant que la santé est-là, je peux rester chez moi. Claude avait tellement fait dans cette maison ».

Elle ne refuse pas mon numéro de téléphone, au cas où. Je me promets de prendre régulièrement de ses nouvelles.

Dimanche, ma femme me dit : « Tu as vu comme il fait beau, si nous allions au Parc des Cerisiers ? Tu courrai et moi je ferai de la gym »

L'idée est bonne, dans quelques semaines nous déplorerons le manque lumière.

« N'oublie pas de prendre ton portefeuille, on fera quelques courses au retour »

Les femmes ont toujours raison. Le moment fut agréable, je me suis étiré avec un jeune boxeur que je croise de temps en temps. Il prépare actuellement un combat, apparemment important et j'avoue que je suis admiratif des grands écarts qu'il arrive à faire.

Il n'y a jamais beaucoup de monde au Parc des Cerisiers, les gens se disent bonjour, les sportifs se font des signes de tête, le gardien est là sur le pas de la porte du bureau.

Une heure plus tard, au moment reprendre nos vélos, en mettant la main à la poche de mon coupe-vent, je me rends compte que je n'ai plus mon portefeuille.

« Tu es sur de l'avoir pris ? » « Oui, j'ai souvenir d'avoir fermé la fermeture  à glissière »

Nous interrogeons le gardien, mais personne n'a rien rapporté. Il promet de nous appeler si cela se produisait.

Retour au sprint vers la maison, dans ma tête, j'essaie de faire un inventaire : Carte Visa, carte d'identité, permis de conduire, carte Vitale, deux chèques (ou trois ?) de l'argent.

Moi qui suis en déplacement la semaine prochaine, cela va être pratique.

Une fois à destination, appel au n° dédié aux oppositions des cartes bancaires, appel au commissariat (hum ! Ah oui nous sommes dimanche !), mail à ma banque, enfin tout ce qui me semble important.

La cloche sonne, un jeune homme d'à peine trente ans est la grille.

« Bonjour Monsieur, je crois que j'ai retrouvé votre portefeuille. Je suis désolé, j'ai été obligé de regarder dedans, j'ai trouvé votre adresse sur la carte d'identité »

Il l'avait relevé dans la rue et était passé déjà plusieurs fois depuis une heure et demi et était content pour moi.

Nous discutons un peu, Il vit chez ses parents, avec ses frères et soeurs, il travaille en intérim, des missions de chauffeur, de manutentionnaire, de déménagement. Sans se plaindre : « Vous savez, quand vous venez d'Argenteuil, vous prenez ce que vous trouvez » Il est pourtant titulaire d'un Bac.

Comme il est trop tard pour un café, il accepte un jus d'orange.

...

« Au revoir Monsieur ! Je suis content, vous auriez été embêté sans vos papiers ! Bonne journée ! »

Patric

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